Bruxelles, le 24 juillet 2023 — DigitAll, la coalition pour plus d’inclusion numérique en Belgique, lance cette année encore une campagne de sensibilisation pour remettre la fracture numérique à l’ordre du jour en Belgique. Les chiffres montrent que le nombre de Belges risquant l’exclusion numérique augmente rapidement. À travers quatre témoignages réels, DigitAll souhaite sensibiliser les organisations et les citoyens à cette forme d’exclusion et les inciter à agir.
Le « Baromètre de l’inclusion numérique 2022 »1 de la Fondation Roi Baudouin a mis en lumière une évolution inquiétante : entre 2019 et 2021, le nombre de Belges risquant l’exclusion numérique est passé de 40 % à 46 %. La numérisation progresse à toute vitesse, creusant sans cesse la fracture numérique. L’exclusion numérique ne touche pas seulement les groupes vulnérables, mais se manifeste dans toutes les couches de la société en Belgique.
Quatre histoires vécues
Dès aujourd’hui, DigitAll lance une campagne de sensibilisation pour donner de la visibilité à la fracture numérique auprès d’un large public. DigitAll est un écosystème d’entreprises, d’organisations et d’instances publiques qui collaborent pour plus d’inclusion numérique en Belgique. Le compteur du nombre d’organisations participant à l’initiative, qui ne cesse de grimper, s’élève actuellement à 100, alors qu’il n’était que de 70 il y a un an.
Exclure les gens numériquement, c’est les exclure de la société. C’est comme s’il vous manquait une clé pour entrer dans une maison. Et oui, il s’agit de bien plus que de ne pas avoir d’ordinateur portable ou de smartphone, comme le confirment Chantal, Sura, Yousra et Stijn. Leurs témoignages courageux montrent que la numérisation va bien plus loin. C’est un combat pour l’égalité et l’inclusion. Petra De Sutter, Vice-Première ministre et ministre de la Fonction publique, des Entreprises publiques, des Télécommunications et de la Poste
La campagne de sensibilisation raconte l’histoire de quatre personnes dont la vie et les droits ont été directement influencés par la technologie numérique. Elles ont accepté de témoigner et de partager leur récit.
- Chantal voit son droit aux soins de santé affecté par les difficultés qu’elle rencontre lors de l’utilisation d’outils numériques pour prendre un rendez-vous médical, obtenir ses résultats ou communiquer avec sa mutuelle.
- Sura, dont des photos innocentes d’elle-même ont été volées sur son profil de réseau social et utilisées sur d’autres sites à son insu.
- Yousra a dû se battre longtemps pour son droit à l’éducation. N’ayant pas d’ordinateur, elle devait faire ses devoirs et ses travaux scolaires sur son téléphone portable. Une tâche particulièrement difficile pour son travail de fin d’études, qui ne comptait pas moins de 80 pages.
- Stijn ne disposait pas des compétences nécessaires pour postuler en ligne, ni d’une connaissance suffisante des programmes requis par l’emploi, et a ainsi été directement touché dans son droit au travail.
Il ne s’agit évidemment pas seulement de sensibiliser.
« Toutes les organisations participantes communiqueront également sur les actions qu’elles entreprennent elles-mêmes pour favoriser l’inclusion numérique », expliquent Linde Verheyden et Catherine Bals de DigitAll. « Elles le font par exemple en informant, en organisant des formations ou en mettant des moyens à disposition. »
UQ Learn s’efforce également chaque jour de réduire cette fracture numérique.
Chaque jour, nous travaillons avec nos équipes pour abaisser le seuil d’accès aux formations et permettre au plus grand nombre de se familiariser avec les compétences numériques essentielles dans la vie quotidienne et au travail. Notre avenir (numérique) commun est un sport d’équipe. Tout le monde doit suivre, sinon nous ne pourrons jamais pourvoir ces centaines de milliers d’emplois nouveaux et en pleine mutation.Thierry Lescrauwaet, CEO d’UQ Learn et cofondateur de DigiSkills Belgium et Become Digital
L’exclusion numérique menace les droits humains
L’étude mentionnée de la Fondation Roi Baudouin montre que l’exclusion numérique a plusieurs causes. Ne pas disposer de moyens technologiques ou manquer des compétences nécessaires sont les plus évidentes.
La crise du coronavirus a accéléré la numérisation. Pratique pour ceux qui étaient déjà dans le train du numérique, mais ceux qui n’y avaient pas accès ou ne possédaient pas les compétences ont été exclus de leurs contacts avec la société et de l’exercice de leurs droits humains.
L’inclusion numérique est d’intérêt national et sociétal. En tant que collectif, nous devons veiller à ce que tout le monde monte à bord du TGV numérique. Cela garantit la prospérité, la santé et l’engagement social pour tous les citoyens. La collaboration entre les gouvernements, les entreprises, l’enseignement et les citoyens est cruciale pour prévenir l’exclusion numérique. Nous devons agir rapidement et trouver des solutions à ce défi en tant qu’équipe unie. Ulrich Petré, UQ Expert Digital Upskilling
Selon l’étude, l’inégalité d’accès à Internet reste un facteur important. Il ne s’agit pas seulement de la qualité des moyens technologiques, mais aussi de la qualité de l’accès à Internet, notamment le réseau ou le lieu/l’environnement. Nos compétences numériques sont en outre sous pression en raison des exigences élevées de la technologie numérique. Il est nécessaire de maintenir en permanence les compétences acquises à niveau.
Fait marquant : la littératie numérique recule également chez les jeunes. En 2022, 33 % des jeunes de 16 à 24 ans avaient de faibles compétences numériques générales (contre 21 % en 2019).
La situation est également préoccupante chez les demandeurs d’emploi. Plus de la moitié (52 %) d’entre eux ont de faibles compétences numériques, un chiffre qui grimpe à 74 % pour les demandeurs d’emploi peu qualifiés. Ainsi, l’utilisation du courrier électronique ou du traitement de texte ne va pas de soi. 46 % des chômeurs n’utilisent pas de traitement de texte alors que c’est nécessaire pour les candidatures, qui se font souvent en ligne.
Les conclusions et les chiffres de l’étude doivent faire prendre conscience à chacun que la fracture numérique est indépendante de l’âge ou du milieu. Tout le monde peut être touché. Avec cette campagne, nous voulons sensibiliser un large public à cette problématique et inciter les organisations et les individus à agir.Linde Verheyden et Catherine Bals
Plus d’infos sur DigitAll : digitall.be/fr
1 Faure, L., Brotcorne, P., Vendramin, P., Mariën, I., & Dedonder, J. (2022). Baromètre de l’inclusion numérique 2022 (D/2893/2022/18). Fondation Roi Baudouin. Consulté le 4 juillet 2023, sur https://media.kbs-frb.be/fr/media/9837/Digitale%20Inclusie.%20Barometer%20Digitale%20Inclusie%202022



